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La Guinée va-t-elle rompre avec la CEDEA0 ? L’épouvantail est agité à Conakry

2022-04-25 15:07:56

Le porte-parole du gouvernement, le ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement du Territoire, a exprimé sa colère sur la radio "FIM fm" ce matin, fustigeant l'attitude de la CEDEAO qui, pour lui, "menaçait d'imposer des sanctions à la Guinée". Après sa convalescence, le ministre Garwar a déclaré à qui voulait l'entendre que la Guinée ne céderait pas aux pressions de la CEDEAO.

Interrogé sur l'ambiance au niveau gouvernemental à la veille de la décision de l'organisation sous-régionale, un porte-parole du ministre du gouvernement a déclaré à l'assistance qu'à ce jour, le gouvernement guinéen n'a soumis aucun document à la CEDEAO. Comme si "le gouvernement guinéen n'agirait pas sous la contrainte" et que la Guinée, en tant que membre fondateur de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, n'avait jamais remis en cause sa volonté de s'asseoir... Alors pour lui, chacun doit jouer son rôle. "La CEDEAO s'écarte de ses objectifs depuis un certain temps. C’est une institution au service des populations, mais qui de plus en plus apparait aux yeux de l’opinion publique ouest-africaine comme une organisation au service de quelques chefs d’Etat…  Et cela ne marchera pas ! La Guinée prendra les décisions lorsque le moment viendra pour assumer aussi bien son indépendance et la volonté de renforcer la coopération dans le respect ".

Et les demandes de la CEDEAO pour le processus de transition ont toujours été claires, et sans ces réponses, les sanctions contre la Guinée entreront en vigueur le 25 de ce mois au plus tard. !

A cette inquiétude soulevée par des confrères de fim FM, un porte-parole du gouvernement a répondu que la menace ne ferait peur à personne. "Non non non, écoutez ! Cela ne fait peur à personne. Un pays ne fonctionne pas sur la base de la peur. Nous avons clairement indiqué que nous sommes prêts à coopérer avec la CEDEAO, à coopérer. Accepter la volonté du peuple et le contexte appartient à la CEDEAO... Cette instance doit aussi faire son autocritique. Il fait beau ! Elle est là ! Elle connaît les origines de la crise en Guinée... Elle est là, il faut le souligner, loin des voix du peuple guinéen"

Parce qu'elle n'a pas le droit d'affirmer ses principes ?

Ici, le porte-parole du ministre a condamné l'attitude de la CEDEAO envers la Guinée. "Non ! Elle n'est pas disqualifiée pour affirmer ses principes. Seulement, elle ne peut défendre ses principes sans tenir compte des circonstances particulières de notre pays... La Mauritanie a quitté la CEDEAO !... Quoi qu'il arrive, c'est la réalité guinéenne qui l'emporte. CEDEAO est aujourd'hui plus intéressé que jamais s'il veut continuer à servir son peuple, et je dis précisément qu'il est intéressé à examiner la gestion du pays au cas par cas et à apporter des solutions appropriées, pas à brandir des sanctions ici et là Alors, est-ce que cela va changer la situation dans ces pays ? Quant à ce qui est recherché, c'est de rétablir l'ordre constitutionnel et d'améliorer les conditions de vie des populations... Si les sanctions ne servent qu'à affaiblir le pays et pour la destruction… Le rôle de la CEDEAO devrait être de renforcer la démocratie, l’Etat de droit dans un pays, renforcer le bien-être des populations. Ce n’est pas pour anéantir les uns après les autres avec les sanctions qui ne tiennent pas compte des réalités des pays. Ça ne se passera pas comme ça », dit-il avec un ton  dur.

Donc la Guinée ne se soucie pas des sanctions ?

Pour Ousmane Gaoual, la Guinée cherche sereinement un moyen de rétablir l'ordre constitutionnel. « Si la CEDEAO veut manier des sanctions et imposer des sanctions pour affaiblir la Guinée, nous en subirons les conséquences… elle ne considère même pas la Guinée… le cadre de consultations, de rencontres, de dialogues qui a été établi… …. pour être clair, nous disons à la CEDEAO que le gouvernement guinéen se développe sereinement, en tenant compte des réalités du pays, et rétablit l'ordre constitutionnel au rythme... rien ne peut détourner ses objectifs », tranche-t-il.

Le discours caustique que tient le ministre porte-parole est-il en harmonie avec celui de l’organe central, l’organe de décision qu’est le CNRD ?   

Le ministre n’a pas jugé utile de répondre, mais il a plutôt  soutenu que l’institution sous-régionale et la Guinée sont inter indépendantes. «  Nous ne sommes pas en guerre avec la CEDEAO. Si  c’était le cas, la Guinée prendra la décision de se retirer de la CEDEAO ! Mais ce n’est pas le cas. Il faut le comprendre. Les nations adhèrent librement à des organisations. Elles peuvent se retirer tout librement… Rien n’est exclu ! La Mauritanie s’est retirée de la CEDEAO, elle continue sa vie ! Il faut que les uns et autres comprennent que la Guinée a tout aussi besoin de la CEDEAO, tout comme la CEDEAO a aussi besoin de la Guinée. C’est un rapport d’interdépendance. Nous ne sommes pas favorables aux sanctions… Il faut que tout le monde sache aussi la limite des sanctions qu’on impose à un pays. Le cas de la Russie actuellement en est une illustration. Si on veut durcir les rapports entre la Guinée et la CEDEAO, il n’y a pas une meilleure manière que de se mettre dans la chambre et prendre des sanctions. Si on veut aider les Guinéens à sortir de la crise dans laquelle le pays est englué pendant une dizaine d’années, pour un meilleur cadre démocratique institutionnel, il faut tenir compte de ses réalités et l’accompagner… »




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